Le mec qui fantasme - 3.
- Bleue
- 12 févr. 2024
- 7 min de lecture
Nous nous débarrassons du peu que nous portons et elle, un peu gênée, me tourne le dos et se racrapote. À moi de la détendre. Je me rapproche d’elle et lui fais lever le bras droit. J’empaume son sein et en agace le téton tandis que je lui donne des petits baisers sur l’épaule. Elle a posé sa main contre ma nuque. Je ne comprends jamais comment elle se débrouille pour toujours parvenir à me cajoler le cou ou l’arrière de la tête…
— Je vous sens durcir, murmure mon amie. Ne vous arrêtez pas…
Au plus je malaxe son sein, au plus elle s’ouvre. Elle est bien plus à l’aise à présent, comme si nous étions seuls dans cette chambre.
Clara était à genoux sur le lit, juste derrière moi : elle saisit au hasard la main d’Blanche, ma bouche, mes jambes que je noue autour de la droite de mon amie, son sein dans ma main, mes doigts en pinçant gentiment le bout. Je ne l’avais pas entendue bouger. Je n’avais même pas senti qu’elle était si proche. C’est quand Blanche s’est mise sur le dos et m’a regardée tendrement que j’ai vu dans ses yeux le reflet de la photographe.
Blanche a souri et s’est tournée vers moi.
— Clichés tendres ou photos d’une partie de baise ? a-t-elle demandé.
— Un peu les deux ? ai-je proposé.
— Commençons par les «photos-folles », alors. Je sais que… quand j’aurai joui…, soupira Blanche.
— Oui, je vous consolerai…
Clara a haussé un sourcil. Elle doit se dire que c’est bien bizarre, tout ça… Mais elle a le tact de ne pas faire de commentaires.
— Je… grimpe ?
— Avec plaisir…
— Pas encore besoin de… précautions ?
— Non : vous allez m’exciter, avec vos escalades, mais je le serai davantage quand vous me sucerez…. Ne changeons rien à nos habitudes…
Alors, Blanche s’est mise sur moi, comme elle aime tellement le faire. Elle a cherché la petite place précise qui lui donne du plaisir : mon gland contre son clitoris, et elle s’est masturbée sur mon sexe.
Clara était à notre gauche. On entendait les clics de son appareil photo à une vitesse vertigineuse. Elle ne disait rien et ne nous regardait qu’au travers de son Nikon équipé d’un objectif.
Blanche avait les mains de chaque côté de mon visage. J’avais les yeux fermés mais je sentais qu’elle me regardait, que cela l’excitait de me voir dodeliner de la tête. J’aime sentir son souffle s’accélérer parce qu’elle est en train de perdre pied. Elle alternait les frictions longues et lentes avec les petits mouvements rapides. Elle se baisait sur moi et je me demandais ce que Clara pouvait prendre comme photos de cela… Il n’y avait pas de pénétration. De toute façon, je doutais qu’elle photographie ce genre de chose. Mais la curiosité…
Je savais que si je recommençais de caresser les seins d’Blanche ou si je la pressais contre mon sexe en érection, ça la ferait venir plus vite. En avait-elle envie ?
Alors, j’ai fait durer un petit peu. Je me disais qu’elle était si trempée que cela ne tarderait pas…
Tout à coup et contre tout attente, elle interrompit ses mouvements.
— Je voudrais être encore plus excitée, m’annonça-t-elle.
— Ah oui ?
J’étais étonné. Ce n’était pas l’ordre habituel dans lequel les choses se passaient.
— Je peux vous lécher ?
Je souris et me dis qu’heureusement, il n’y avait pas de caméra qui enregistrait ce que nous nous disions.
— Et puis, continua-t-elle, vous savez combien cela me chauffe de vous prendre en bouche…
Ça, c’est vrai, je le confirme. Elle produit alors des petits sons de déglutition et des bruits mouillés de salive assez convaincants. D’ailleurs, cela m’excite pas mal, quand elle fait ça…
Quand elle m’a embouché, j’ai compris : il n’y avait pas le fait d’être plus excitée qui lui importait.
Clara, discrètement, avait changé de place. Elle était à présent à notre droite. Elle avait pleine vue sur la bouche de mon amie et ma queue qui semblait entrer et sortir de la-dite bouche, alors que, on est bien d’accord, c’est Blanche qui me suçait et moins moi qui lui baisais la bouche…
J’ai toujours aimé ses fellations. J’ai toujours aimé aussi la manière dont elle me masturbe… Et ici, j’étais servi. Sa langue jouait avec mon prépuce et sa main enserrait la base de mon sexe. Elle alternait lent, rapide, profond, au bord des lèvres. Elle est vraiment parfaite à ce petit jeu.
Je me sentais venir. Mais pas de manière urgente. Plutôt comme une longue tension qui prend naissance dans les orteils, remonte le long des jambes, à l’intérieur des cuisses, dans les couilles…. Pas au bord de l’explosion même si c’est tout de même très intense. C’est insidieux, comme une chanson que vous entendez à la radio le matin et que vous chantonnez toute la journée.
Donc, elle faisait grimper, et grimper encore. C’était bon… Je me souviens de moments particulièrement réussis. Enfin, pour moi, cela s’entend. Mais je ne doute pas qu’elle appréciait tout autant. Sinon, pourquoi aurait-elle demandé à me sucer comme ça, à brûle-pourpoint, alors qu’elle semblait si bien lancée avec ses ondulations sur moi ?
Clara shootait toujours. Elle semblait attentive et très concentrée. Je pensais à ce qu’elle proposerait comme sélection de photos…
— Argh….
— Je vous fais mal ?
— Non, non. Continuez… J’aime quand vous vous donnez de la peine…
— Sauf qu’il n’y en a pas, de la peine, juste du plaisir. Nan ?
Si, me dis-je. J’aime notre complicité sous les draps. C’est presque… étrange, vu le peu de fois où nous nous sommes vus en réel. Il est vrai que nos tchats du week-end aident pas mal mais tout de même.
Pour moi, c’était de la baise, je l’admets. Pour elle, « faire l’amour ». Je pense que dans son esprit, c’est plus une question de douceur, de confort. Et pour moi, un sentiment de plaisir intense. Je ne doute pas qu’elle connaisse cela dans nos étreintes, le plaisir intense. C’est juste que pour elle, elle m’en a parlé, d’ailleurs « baise = animalité » et cela, nous ne pratiquions pas, je le reconnais.
Donc, elle me faisait monter lentement… Je bandais mais je retenais l’orgasme. Jamais je ne lui aurais joui dans la bouche.
— Nous passons aux choses plus … ? demanda Clara.
Blanche s’interrompit.
— Vous voulez nous prendre en train de baiser ?
Je surenchéris.
— De faire l’amour, plutôt. Non, Blanche ?
Je tendis la main vers la boîte de préservatifs qui gisait sur la table de nuit de mon côté.
— Pas à cru, pour une fois ? me demanda ma partenaire.
— Vous voudriez vraiment ?
— Oui…
C’est donc (un peu) contre ma volonté que j’ai accepté. Je me suis dit que pour cette occasion un peu particulière, je pouvais bien… relâcher la bride.
Elle s’est remise sur moi, a dirigé mon sexe vers le sien davantage mouillé que d’habitude et a recommencé d’onduler… D’abord lentement, comme pour me faire profiter de l’humidité de sa chatte. Je sentais ses muqueuses se rapprocher autour de ma queue et c’était délicieux. Je n’avais que peu de fois expérimenté la chose avec d’autres maîtresses. Et c’était vraiment bon.
Je soupirais et elle aussi. Elle avait les bras tendus. Mes mains pelotaient ses seins. Et puis, Clara me demanda de les lâcher, ce que je fis immédiatement. Sans doute voulait-elle prendre une photo où on les aurait vus balloter.
— Pas les lâcher, non ! dit-elle en riant. LES LÉCHER !!!
Délicatement, j’attrapai le téton gauche d’ Blanche. Elle se cambra davantage en s’agitant au-dessus de moi. De la main gauche, je la pressais contre moi. J’avais un doigt pratiquement dans la raie de ses fesses.
— Oui, oui, ne vous arrêtez pas, je viens…. Encore, encore….
Je me sentis éjaculer en elle. Moi aussi, j’avais envie de crier mais rien ne sortait de ma bouche. Juste des sons un peu gutturaux mais pas de mots distincts.
Et puis, elle sombra dans les larmes en murmurant un prénom à demi. Pas le mien, en tous cas…
Je savais qu’elle était comblée. Je la pris dans mes bras, tendrement.
Clara photographia ces moments tout doux où j’avais Blanche au creux de moi, où je la berçais, où je jouais un peu avec ses cheveux. Elle me déposait de gentils baisers sur les doigts, se pelotonnait contre moi.
Nos moments de baise se terminaient en général de cette manière. Nous étions repus.
Très discrètement, Clara quitta la chambre.
Après nous être remis de nos émotions, elle en séchant ses larmes, moi en me débrouillant pour éponger mon sperme, nous nous rhabillâmes. L’heure et demi avait passé en un clin d’œil. Et il était presque l’heure de libérer la chambre. Je me demandais quelle serait la suite du programme…
***
C’est à peine une semaine plus tard que je reçus un mail de Flore pour m’avertir que le dossier de photos pour l’anniversaire de Joachim était prêt et qu’il me serait accessible d’ici quelques instants sur FileConvoy : c’est l’affaire de cinq minutes, précisait Flore.
J’attendais l’envoi du résultat avec impatience… J’étais aussi un peu inquiète. Bien sûr, Clara avait mitraillé sans discontinuer du début à la fin de nos ébats. Mais quels étaient les clichés qui avaient été sélectionnés pour être retravaillés ? Je me fustigeais…. J’aurais dû demander à Flore de m’envoyer les vignettes des photos de Clara et choisir celles que je pensais convenir le mieux en guise de cadeau pour Joachim…
C’est les doigts fébriles que je décompressai le dossier « Bon anniversaire Joachim.rar » et que je lançai le diaporama de photos…
Nos yeux fermés ou au contraire grands ouverts, émerveillés, nos doigts s’entremêlant, la bouche de mon amant qui semblait me mordre le téton droit, la mienne autour de sa queue délicieuse, nos ventres collés l’un à l’autre, sa main pressant le bas de mon dos, la chair de poule sur nos fesses…
J’étais ravie. Nul l’aurait pu nous reconnaître et cela même si Clara avait photographié nos yeux… Je savais que c’était la crainte de Joachim : le fait qu’on puisse l’identifier sur des photos, que ce soit celles prises par l’un de nous deux, ou celles capturées par une personne extérieure.
Il n’y avait pas que cela. Ce que suggérait ces prises, c’était exactement la manière dont je me plaçais vis-à-vis de mon amant : une maîtresse aimante, respectueuse et qui était soucieuse de son plaisir avant tout.
Il n’est donc nullement étonnant que quand, à mon tour, j’envoyai le dossier à Joachim, son seul commentaire fut « Merci pour ce splendide cadeau tout à fait en accord avec ce que nous ressentons l’un de l’autre et l’un pour l’autre ».
Je connaissais sa volonté de rester comme en retrait de toute considération sentimentale. J’étais donc tout à fait satisfaite de ces mots dans lesquels je sentais poindre une réelle affection…
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