La fille à genoux
- Bleue
- 4 mars
- 5 min de lecture
Déferlante, Sam Mazzoti et Bleue : une jolie collaboration.
Jamais je n’aurais pu imaginer que je me retrouverais un jour nue devant un homme, à genoux. Moi, nue, et lui pas… ou du moins, pas au début.
Avec cet amant, c’est tacite entre nous : lors du chat précédant notre rendez-vous, on établit un ordre du jour. Cet ordre du jour peut s’étaler sur une demi-heure ou ne durer que cinq minutes. Il m’avait annoncé qu’il me dirait « à genoux ». Il n’avait rien précisé d’autre.
La dernière photo qu’il m’avait envoyée, c’était celle d’une femme prenant un sexe d’homme en bouche. Je m’étais dit, en toute bonne logique, qu’il allait me demandait une fellation.
Je ne me suis pas rebiffée : j’avais déjà expérimenté cela avec lui et avec d’autres hommes et cela ne m’avait posé aucun problème.
Ce qui était différent cette fois, c’est que, quand on est arrivés dans la chambre, il a ôté le couvre-lit bleu, l’a plié méticuleusement, deux, quatre, huit fois et l’a déposé sur le sol de la pièce pour en faire un tapis assez épais.
Il m’a dit : « ça, c’est pour que vous soyez confortablement installée, quand vous serez à genoux. »
Je n’avais pas imaginé, dans un premier temps, qu’il serait là, à me regarder, qu’il tournerait autour de moi, qu’il se mettrait à me caresser tout doucement. Dans mon esprit, non : il aurait été assis, sur un coin du lit et il aurait attendu que ma bouche fasse des miracles, si on peut dire.
Les choses se sont donc passées d’une autre manière…
Il m’a fait me déshabiller, me mettre à genoux, joindre mes mains derrière mon dos et baisser la tête.
(ça, je pense que c’était le plus terrible : baisser la tête !)
Ne pas pouvoir le regarder. Ou alors, le regarder mais ne pas pouvoir bouger.
J’ai choisi délibérément de fermer les yeux. Cette chambre, je la connais par cœur : du bleu partout, du sol au plafond. Un coin douche. Deux petits fauteuils côte à côte, une table basse. Des miroirs. Un juste au-dessus de la tête du lit. Un à la droite de l’endroit où je me trouvais. Un derrière moi.
Je préférais ne pas voir mon corps de profil dans le miroir à ma droite ou mon visage et le haut de mon buste dans celui qui était pratiquement en face de moi.
J’ai donc fermé les yeux et j’ai attendu. Je sentais l’air bouger. Je me rendais compte qu’il tournait autour de moi. Il disait « J’aime mettre en scène, j’aime les tableaux vivants. Une femme à genoux, c’est un beau tableau, vous ne trouvez pas ? »
Et puis, à un moment, j’évitais toujours d’ouvrir les yeux pour savoir avec précision où il se trouvait, j’ai senti sa main sur moi. J’étais toujours sur les genoux, les mains derrière le dos. La douceur de cette main sur ma peau. Sur celle de mon flanc, celle de mon ventre. Et puis, toujours aussi douce, contre un sein, puis l’autre. Pas pour empoigner ou pour empaumer. Juste un frôlement… et encore un. Je savourais. Le désir niché au creux de mon ventre était en train de se diffuser dans tout mon corps.
Je suis presque certaine que si j’avais ouvert les yeux, j’aurais vu les siens clos aussi et que je me serais dit qu’il profitait.
C’est quelque chose que j’avais remarqué : que quand il me caresse, il garde toujours les yeux fermés.
Ça, c’est pour ce qui concerne la posture, le tableau, le regard extérieur.
Je parlais, je riais, je plaisantais. Sans doute pour amoindrir mon trouble, cacher mon malaise.
Pourtant, je suis certaine que jamais, cet homme ne me ferait franchir des limites ingérables. Je sais très bien que si, à un moment, je lui disais « ça suffit », il m’entendrait, il ne me forcerait à rien parce qu’il est respectueux de moi. Mais je n’ai jamais eu envie de dire « maintenant, ça suffit ». Ou « maintenant, arrêtons-nous, j’en ai assez ». Ou « maintenant, stop ».Tout simplement parce qu’au fond, tout ce que cet homme me proposait me plaisait.
Même s’il m’est arrivé d’hésiter, dans un premier temps, ce qu’il me suggérait ne m’a jamais rebutée. Je n’ai d’ailleurs jamais refusé quoi que ce soit comme caresse ou comme étreinte. Les choses que j’avais expérimentées avec d’autres hommes et qui me convenaient moins n’étaient pas écartées : « les hommes s’y prennent-ils tous de la même manière ? »
Avec aucun des hommes que j’ai rencontrés à l’hôtel ou ailleurs, ni même avec mon mari, je ne me suis retrouvée dans une telle situation.
Souvent, les hommes ne prennent pas le temps de faire monter le désir. C’est un peu triste à dire mais c’est comme ça.
Et puis, dans cette chambre, tout a changé. La douceur était toujours au programme, mais c’est moi qui ai pris le lead, si on peut dire.
Je l’ai entendu se déshabiller et s’asseoir en face de moi.
Quand j’ai commencé de le masturber, son érection était encore timide. J’ai eu droit à un peu de liquide pré-séminal quand il a durci. J’ai continué de le lécher du bas vers le haut de sa queue, consciencieusement.
Quelques semaines auparavant, il m’avait fait un exposé sur sa verge et j’avais encore en tête les précisions qu’il m’avait données sur le traitement à lui accorder. « Vous pouvez tirer. Vous pouvez décalotter mon gland de cette manière-là. Cela ne me fait pas mal. Vous voyez ? »
Ensuite, tout s’est envolé : je ne pensais plus qu’à le faire raidir dans ma bouche.
Je l’ai empoigné solidement et ai fait passer son gland sur mes lèvres. Il bandait de plus en plus. Je l’ai pris en bouche, ce n’était pas vraiment « en bouche » mais plutôt pratiquement « en gorge », j’ai senti combien il avait du plaisir. Ça n’était encore jamais arrivé avec autant d’intensité depuis le début de nos rendez-vous. Il faut dire qu’habituellement, on n’est pas dans la même position. On est couchés sur le lit, moi à sa gauche. Ici, il était assis sur le bord du lit et moi, à genoux, entre ses cuisses.
J’ai senti que l’angle de pénétration de son sexe dans ma bouche était bien plus efficace.
J’ai sucé, goulument, profondément… J’y ai mis vraiment tout mon cœur. Je sentais son gland atteindre pratiquement le fond de ma bouche, derrière mon palais. Au début, la sensation était un peu dérangeante, je l’avoue. J’avais l’impression de manquer de souffle. Mais cela semblait lui donner tellement de plaisir que je m’en serais voulue d’abréger…
Toujours sans le regarder, je percevais combien son corps était tendu. Sa respiration s’était accélérée. Ses mains s’étaient alourdies sur mes épaules. Je les ai senties se crisper. Et puis, il a commencé de grommeler et de gémir. C’est à ce moment que j’ai ouvert les yeux et que j’ai vu qu’il dodelinait de la tête… Je savais qu’il était prêt à jouir : c’est toujours comme ça que son excitation maximale se manifeste.
J’ai juste eu le temps de le libérer de ma bouche et il a joui sur mes seins. Des petits jets courts. Du sperme presque transparent. Inodore…
Je n’ai pas bien compris les mots qu’il disait mais je suis presque certaine qu’il a trouvé ça délicieux. Et moi aussi, d’ailleurs. Le plaisir que j’ai éprouvé était, somme toute, totalement cérébral. Constater que son amant lâche prise de cette manière alors qu’il se contrôle énormément est très jouissif.
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